Quand l'enfant désiré ne vient pas, pour les hommes aussi, la procréation assistée est un parcours d'obstacles. Comment l'affronter?
Balançoire et table de ping-pong sont en bonne place dans le jardin de leur pavillon, désormais « familial », des Yvelines. Paul et Emma sont les heureux parents d'un garçon, né par procréation médicale assistée. La troisième tentative de fécondation in vitro avec micro-injection (ICSI) de quelques spermatozoïdes du papa a été la bonne.
« Il était moins une », sourit Paul, qui vient d'écrire un livre sur le sujet*.
Le chemin, cette « succession d'étapes, toutes éliminatoires », a été long et douloureux. Neuf ans après cette naissance si désirée, Paul n'a rien oublié. Trop seul, face à sa triple douleur d'homme : se savoir infertile, se sentir coupable, puis... inutile. A peine considéré dans une aventure médicalisée qui se déroule « essentiellement autour du corps de la femme, l'homme est totalement instrumentalisé dans ce processus », déplore la psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval, qui consacre beaucoup de son travail à la « part du père »**.
Où sont les hommes ?
Blessure et culpabilité
Sortir le père de l'isolement
25 208 enfants sont nés en 2014 grâce à une aide médicale à la procréation, selon les derniers chiffres disponibles de l'Agence de la biomédecine.