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De jolis bébés, bienvenu dans notre famille!!!!

Alain Berset: «La sélection d’un embryon selon la couleur de ses yeux restera interdite»

Publié le 12 Avril 2016 par BioTexCom

http://www.letemps.ch/sciences/2016/04/12/alain-berset-selection-un-embryon-selon-couleur-yeux-restera-interdite

Le 5 juin prochain, les Suisses voteront à nouveau sur le diagnostic préimplantatoire. Ils accepteront ou refuseront une modification de la loi sur la procréation médicalement assistée. Le conseiller fédéral Alain Berset a lancé la campagne

Après le cadre général, les modalités d’application. Un an après de premiers et vifs débats sur le diagnostic préimplantatoire (DPI), la seconde campagne sur le sujet a été lancée lundi par le ministre de la santé, Alain Berset. Le 5 juin prochain, les Suisses se prononceront en effet sur une modification de la loi fédérale sur la procréation médicalement assistée (LPMA), qui règle les cas dans lesquels le DPI serait autorisé en Suisse.

Tourisme de la PMA

Pratiqué dans de nombreux pays européens, parmi lesquels la Belgique, l’Espagne, les Pays-Bas ou la Grande-Bretagne, le DPI permet l’analyse génétique d’embryons conçus hors du corps de la femme, en fécondation in vitro. En juin 2015, par 61,9% des voix, le peuple avait accepté d’en ancrer le principe dans la Constitution. Un premier pas vers la fin du «tourisme de la PMA» que le conseiller fédéral appelle de ses vœux.

Lire aussi: Le DPI, qu’est ce que c’est?

La loi d’application est maintenant attaquée par référendum: trois comités s’opposent à l’élargissement des possibilités prévues par le parlement, plus libéral sur la question que ne l’avait été le Conseil fédéral dans son projet initial; ces opposants représentent notamment les partis et milieux évangélistes et catholiques (PEV et PDC notamment), une partie de la gauche (PS et Verts), de l’UDC et du PBD, auxquels s’ajoutent des associations de défense des handicapés. Pour eux, la nouvelle loi va trop loin; ils craignent une médecine reproductive «sans limites» permettant de décider qui mérite de vivre et ils redoutent également des discriminations supplémentaires envers les personnes handicapées.

Liberté limitée

Face à ces inquiétudes, Alain Berset a cherché à rassurer: «Le DPI ne sera autorisé que dans un cadre strict. La sélection d’un embryon selon son sexe ou la couleur de ses yeux reste interdite», de même que la conception de «bébés médicaments» (lire ci-contre). Une «liberté nouvelle mais limitée», selon l’expression du conseiller fédéral, est prévue pour les couples désirant un enfant dans deux cas. D’abord, et c’était le sens du projet original, le DPI serait destiné aux couples porteurs d’une maladie génétique grave, comme la mucoviscidose, qui risquent de la transmettre à leur enfant. Dans cette situation, le diagnostic préimplantatoire permet de sélectionner un embryon non porteur du gène défectueux alors qu’actuellement, les couples doivent attendre le diagnostic prénatal durant la grossesse et décider s’ils veulent pratiquer une interruption de grossesse. Entre 50 à 100 couples seraient concernés chaque année.

Deuxième possibilité, ouverte à l’issue des débats parlementaires: le DPI serait proposé aux couples infertiles désirant concevoir un enfant par fécondation in vitro. Le diagnostic préimplantatoire serait alors particulièrement indiqué dans les cas où la femme a été confrontée à de nombreuses fausses couches, peut-être dues à des embryons porteurs d’anomalies chromosomiques. Le but? Permettre de sélectionner un embryon ayant le meilleur potentiel de développement et éviter ainsi à la mère de perdre son enfant. Selon Andrea Arz de Falco, vice-directrice de l’Office fédéral de la santé publique, entre 500 et 1000 couples pourraient être concernés par an.

En permettant d’implanter un seul embryon dans l’utérus de la mère, la loi révisée permet aussi d’éviter les grossesses multiples et les risques qui leur sont associés – notamment la prématurité.

En Suisse, sur 80 000 naissances chaque année, 2000 bébés viennent au monde par fécondation in vitro. Quelque 6000 couples par an tentent une PMA, mais le traitement n’aboutit que dans un tiers des cas environ, explique Andrea Arz de Falco. Les coûts du DPI (de 5000 à 15 000 francs) comme ceux de la PMA (entre 5000 à 10 000 francs pour chaque cycle) sont à la charge des parents et ne sont pas remboursés par l’assurance de base.

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