http://www.leparisien.fr/societe/infertilite-bientot-davantage-de-donneurs-d-ovules-et-de-spermatozoides-14-10-2015-5186001.php
La ministre de la Santé Marisol Touraine annonce qu'elle élargit le don d'ovocytes et de spermatozoïdes aux personnes sans enfants face à la pénurie à laquelle sont confrontés les couples infertiles, dans une interview ce jeudi au quotidien Ouest France.
Le don de gamètes — ovocytes et spermatozoïdes — jusque-là réservé aux adultes en bonne santé ayant déjà eu des enfants est élargi «à des personnes adultes qui n'ont pas d'enfants», explique la ministre. Un décret en ce sens doit être publié au Journal Officiel ce jeudi. Désormais, une femme qui a entre 18 et 37 ans peut donner ses ovocytes et un homme qui a entre 18 et 45 ans peut donner ses spermatozoïdes.
La France manque de dons, surtout d'ovocytes. «Cette année, il nous faudrait 1200 donneurs : 900 femmes, 300 hommes, or nous n'avons que 450 dons d'ovocytes et 260 de spermatozoïdes», souligne Marisol Touraine.
«Pour éviter toute démarche qui ne serait pas volontaire ou suffisamment éclairée», une consultation préalable avec un psychologue sera «obligatoire» pour ceux qui ne sont pas parents, précise la ministre, ce qui permettra de vérifier que le candidat donneur n'est pas soumis à des pressions. Elle souligne, en outre, que «donner ses ovocytes, alors qu'on n'a pas eu d'enfants, n'altère pas sa propre fertilité.» Le don reste anonyme, gratuit et librement consenti, comme pour les dons d'organes ou de sang.
Un à quatre ans d'attente aujourd'hui
Les délais d'attente pour les couples infertiles demandeurs atteignent aujourd'hui entre un et quatre ans selon les centres, contraignant de nombreux d'entre eux à se tourner vers l'étranger et notamment l'Espagne. La fécondation in vitro (FIV) avec don d'ovules est réservée en France aux couples hétérosexuels dont la femme n'a pas d'ovaires, est ménopausée précocement ou est atteinte d'une maladie héréditaire. Selon l'agence de la Biomédecine, près de 200 enfants naissent chaque année en France grâce aux dons.
Cette ouverture du don, annoncée par la ministre en mai dernier, était prévue par la loi de bioéthique de 2011, mais il manquait encore les conditions de sa mise en pratique apportées par ce décret.