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Face à la pénurie, l'Agence de biomédecine lance une campagne, aujourd'hui, pour inciter aux dons d'ovocytes. Une donneuse et une receveuse racontent leurs parcours.
Hedwige, 35 ans, maman de deux enfants de 4 et 5 ans, a fait don de ses ovocytes.
Cela faisait longtemps que je souhaitais faire don de mes ovocytes. Ma maman a eu beaucoup de mal à avoir des enfants. À l'époque, on lui disait qu'elle était stérile. Elle a été traitée par Distilbène et au bout de neuf fausses couches, je suis née. Elle m'a raconté son parcours difficile. Et je me suis toujours dit que je ferais quelque chose pour les parents qui ne peuvent pas avoir d'enfant.
J'ai eu la chance de mettre au monde deux enfants, sans soucis. Quand nous habitions dans l'Orne, le don d'ovocytes était trop compliqué à mettre en place. Il fallait faire trop d'allers-retours vers l'hôpital de Caen.
Quand nous sommes arrivés dans le Calvados, en septembre, je me suis dit que c'était possible puisque le CHU était plus près. Dès janvier, j'ai rencontré le Dr de Vienne, puis une psychologue, une généticienne. J'ai fait des prises de sang et une échographie. J'ai dû suivre une stimulation des ovaires avec des piqûres tous les jours. Ce n'est pas douloureux. On a l'impression d'une grossesse.
Je me suis fait prélever les ovocytes quelques mois après. Je suis entrée à l'hôpital le matin et je suis repartie le midi. Il y a une anesthésie locale. C'est douloureux. Mais j'étais tellement fière de l'avoir fait et de permettre à un couple de pouvoir avoir un enfant.
En revanche, le don est anonyme. On ne sait pas ce que nos ovocytes deviennent. Mon seul regret : ne pas savoir si cela a permis à une femme d'avoir un bébé. On m'a juste dit que le prélèvement d'ovocytes était conforme à ce que les médecins attendaient. Je suis prête à le refaire. »
Adeline (prénom d'emprunt), 38 ans, receveuse et maman d'un bébé de 10 mois.
Lorsque nous nous sommes mariés, nous avons souhaité avoir un enfant, pensant qu'il arriverait naturellement. Mais, plus d'un an après, toujours rien. Nous avons fait un bilan de fertilité. Mon mari et moi avions un souci. Les tentatives de fécondation in vivo ont débuté. Sans succès.
À chaque tentative, le moral prend un coup, les espoirs sont déçus. On nous conseille alors l'adoption ou le don d'ovocytes. Pour l'adoption, les démarches sont longues, vu notre âge, ce ne sera pas un bébé mais un enfant de 4-5 ans. Pour le don d'ovocytes, il faut attendre deux ans, sauf si on trouve une donneuse pour nous parrainer. Malheureusement, dans notre entourage, personne ne répond aux critères.
Et puis, un jour, on nous a contactés pour nous dire qu'un don était possible. La première tentative a fonctionné, un bébé est en route. Presque six ans après le début de ce parcours.
Les démarches pour le don peuvent paraître compliquées : démarches administratives auprès du tribunal ou du notaire, entretien avec un psychologue. Plus les rendez-vous avec le biologiste et le gynécologue. Mais elles sont nécessaires. L'entretien avec le psychologue est important pour comprendre et appréhender cette future grossesse qui aura lieu avec les ovocytes d'une autre femme et toutes les questions éthiques qu'on peut se poser.
Aujourd'hui, notre bébé est là. Il est adorable et nous remplit de bonheur. »