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De jolis bébés, bienvenu dans notre famille!!!!

Situation tendue pour le don du sperme

Publié le 8 Septembre 2015 par BioTexCom

http://www.lematin.ch/suisse/situation-tendue-don-sperme/story/13511516

Le nombre de volontaires suffit juste à répondre à la demande suisse. Les centres d’insémination en recherchent d’autres, mais sans le crier sur les toits.

Ce n’est pas encore la débandade, comme à Londres, où la banque du sperme britannique n’a réussi à attirer que neuf donneurs depuis son ouverture il y a un an. Mais en Suisse romande, les candidats ne se bousculent pas au portillon. «Nous avons une quinzaine de donneurs actuellement, reconnaît le Dr Nicolas Vulliemoz, responsable de l’Unité de médecine de la reproduction du CHUV. C’est une période de pénurie, mais c’est cyclique. Il suffit qu’on parle du sujet dans la presse pour que des gens viennent frapper à notre porte. L’Unité fonctionne, mais nous serions heureux d’élargir notre panel de donneurs.» Le médecin essaie en effet de trouver un maximum de ressemblances (peau, taille, yeux, groupe sanguin) entre le donneur et le mari de la femme inséminée. «Avec 9 donneurs, cela ne doit pas être facile à Londres.»

L’autre «banque du sperme» romande, le Centre de procréation médicalement assistée (CPMA), également à Lausanne, est un peu plus chanceuse. «Nous avons une trentaine de volontaires. Cela suffit juste à répondre à la demande. Tout nouveau donneur de sperme est cordialement le bienvenu», affirme son directeur, le Dr Daniel Wirthner.

Fin de l’anonymat

Si les Britanniques montrent si peu d’empressement à donner un coup de poignet pour aider les couples infertiles, c’est peut-être parce que le pays ne garantit plus depuis peu l’anonymat total du donneur de sperme. «C’est pareil en Suisse depuis 2001, explique le Dr Vulliemoz. Un enfant né par don du sperme a le droit, une fois majeur, de connaître le nom de son géniteur s’il le désire. Cela a sans doute refroidi quelques donneurs. Aujourd’hui, offrir son sperme est le fruit d’une décision mûrement réfléchie. On sait que l’enfant peut vous retrouver un jour.»

«Inversement, nous avons des couples, notamment français, qui viennent se faire inséminer en Suisse justement parce qu’ils veulent donner à leur enfant la possibilité de connaître qui est leur vrai père, ce que la loi française ne permet pas», précise le Dr Wirthner.

L’autre élément qui pourrait expliquer la frilosité des donneurs anglais, c’est le taux de sélection: un sur 100 selon la banque du sperme. «Cela me paraît exagéré, même s’ils peuvent avoir des critères plus sévères, s’étonne le Dr Vulliemoz. Ici, le taux est plutôt d’un sur cinq.» Une sélection faite uniquement sur des critères médicaux (pas de maladies génétiques ou sexuellement transmissibles, qualité du sperme). Sinon, la porte est ouverte à tout homme entre 18 et 45 ou 50 ans suivant les centres.

Il existe plusieurs types de donneurs: celui qui veut aider et qui souvent offre aussi son sang; l’homme sans enfants qui s’assure ainsi de laisser une trace; le jeune qui n'a pas encore de progéniture; ou celui qui a des proches qui ont été confrontés à un problème de stérilité. On ne donne pas son sperme par appât du gain, les centres n’offrant qu’un dédommagement. «Même si celui-ci fait toujours plaisir à un étudiant», reconnaît le Dr Wirthner.

Pour stimuler les donneurs, les DVD pornographiques sont venus s’ajouter aux bonnes vieilles revues. En revanche, pas question de surfer sur des sites Internet, afin d’éviter tout dérapage.

Réservé aux couples mariés

En Suisse, 350 enfants par an naissent officiellement grâce aux dons du sperme. «Certains couples se rendent à l’étranger et d’autres s’arrangent en privé, reconnaît le Dr Wirthner. Avec notre nombre de donneurs, nous pouvons juste suivre le rythme. Mais cela pourrait devenir vraiment insuffisant si la loi change suivant l’évolution des mœurs.» Seuls les couples mariés ont aujourd’hui le droit de faire appel aux banques du sperme. Les pacsés, les concubins ou les couples lesbiens pourraient vouloir y avoir accès un jour.

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