http://sante.lefigaro.fr/actualite/2015/09/08/24083-eviter-sterilite-induite-par-certains-traitements
Les Cecos interviennent avant des radiothérapies ou chimiothérapies voire des traitements immunosuppresseurs pour sauvegarder la fertilité des patients.
Par leur impact sur la spermatogenèse, les traitements stoppant la multiplication cellulaire peuvent induire une stérilité. C'est le cas de la radiothérapie et des chimiothérapies anticancéreuses. Ces dernières sont parfois prescrites dans d'autres maladies graves, et d'autres molécules telles le sirolimus, un immunosuppresseur anti-rejet, ont aussi des effets néfastes sur la spermatogenèse. «Les patients sont généralement prévenus en cancérologie, mais dans d'autres pathologies, tous les médecins n'y pensent pas. Avant tout traitement comportant un risque, il faut donc systématiquement proposer un moyen de préserver la possibilité d'avoir un enfant», insiste le Pr Louis Bujan (Toulouse).
«Même en cancérologie, l'accès à cette préservation n'est pas toujours optimal, notamment pour les plus jeunes, parce que les liens entre les cancérologues et les Cecos (Centres d'études et de conservation des œufs et du sperme) ne sont pas assez bien structurés partout .» Pour l'homme, cette préservation de la fertilité peut se faire dès 12 ans par recueil et cryopréservation du sperme. Chez l'enfant et le jeune adolescent, le prélèvement de tissu testiculaire, congelé, est aussi possible, avec l'espoir de le réimplanter un jour ou de faire maturer les spermatozoïdes en culture. Cette spermatogenèse in vitro a été réalisée chez la souris, et une équipe lyonnaise a annoncé l'avoir réussie avec des spermatozoïdes humains. «Mais on ne peut en juger tant qu'il n'y a pas eu de publication scientifique», rappelle le médecin.
Alternative
Sur 100 couples qui consultent pour infertilité, 50 à 60 % finiront par avoir un enfant. Mais les techniques d'AMP ont aussi leurs échecs. Parfois, l'homme doit faire le deuil de sa fertilité, avant que le couple se tourne éventuellement vers une insémination avec le sperme d'un donneur (IAD) ou vers l'adoption. «L'homme vit sa stérilité comme une remise en cause profonde. La surmonter demande un vrai travail d'élaboration psychique, souvent une aide psychologique», explique le Pr Bujan. Une fois la décision prise, le projet de paternité par IAD ne présente pas de difficulté, avec un délai moyen d'attente d'un an. Le vrai problème, c'est le manque de donneurs, qui a diminué presque de moitié depuis 2009. «Le débat de 2010 sur l'anonymat du don a pu perturber les donneurs *, tout comme celui plus récent du mariage pour tous. Il faut absolument réhabiliter et développer cette culture de générosité du don.»
* Des enquêtes auprès des donneurs des Cecos ont montré que 75 % ne donneraient plus leur sperme si l'anonymat était levé.