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Au Royaume-Uni, la banque nationale du sperme n'a enregistré que 9 donneurs cette année. En France, la situation n'est pas aussi dramatique mais les dons de spermatozoïdes et d'ovocytes ne permettent pas de faire le bonheur de tous les couples-demandeurs. La première campagne d'information du mois de juin est venue sensibiliser les Français et mobiliser leur générosité.
Atlantico : A l'image du Royaume-Uni, doit-on donner l'alerte sur le manque de dons de sperme en France ?
Dominique Royère : En France, la situation est moins dramatique qu'au Royaume-Uni. Sur le sujet du don de sperme, on estime les besoins en dons de sperme à environ 300 dons par an, et le chiffre auquel on se situe actuellement est de 268 pour l'année 2013.
Il oscille ces dernères années entre 250 et 270. Pour être dans une situation de totale satisfaction des besoins, il y a encore un effort à faire qui représente une trentaine de donneurs. La situation n'est donc pas aussi dramatique qu'au Royaume-Uni par exemple, où ils ont dû faire le choix d'importer des paillettes venant de banques privées, alors que le dispositif français s'appuie exclusivement sur le don bénévole, gratuit, anonyme, qui s'inscrit dans le principe de la loi française de non-patrimonialité des éléments du corps humain.
Comment atteindre l'objectif de 300 dons annuel et donc d'auto-suffisance ?
Un don de spermatozoïdes peut être à l'origine d'une dizaine de grossesses. On n'est pas dans la situation plus critique des dons d'ovocytes, où un ovocyte donné va servir de receveur. On va même limiter l'utilisation des spermatozoïdes donnés à l'obtention de dix grossesses, afin d'exercer un effet de contrôle sur les risques de consanguinité.
On n'est donc pas loin de l'équilibre. La position de l'Agence de la biomédecine a été de développer une information sur l'ensemble des dons de gamètes, même si la situation de manque est un peu plus nette en ce qui concerne les ovocytes. Là où l'on a pu disposer d'un peu plus de 400 dons d'ovocytes, il y a la nécessité de pratiquement doubler ce chiffre pour passer à 900 donneuses. Il faut donc que l'information circule bien et que les gens soient informés de l'existence de ces dons de gamètes pour que le don se développe. Les femmes potentiellement donneuses d'ovocytes, entre 30 ans, âge moyen de la première maternité, et 37 ans, doivent être informées, savoir que le don d'ovocyte existe et quelles démarches faire pour s'engager dans une procédure.
Pour la première fois, une campage d'information a été diffusée à la radio en juin. Est-ce un vecteur de mobilisation ?
On s'est aperçu qu'il y a pratiquement une femme sur deux qui ne connaît pas l'existence du don d'ovule. Il y a donc en premier lieu un déficit d'information. Comment un homme/une femme peut être informée ? Elle se fait dans la plupart des cas par le fait de connaître un autre couple confronté à la détresse de ne pas pouvoir concevoir un enfant, parce que soit l'homme n'a pas de spermatozoïdes soit la femme ne peut pas produire d'ovule fécondable. Par cet effet de sensibilisation, de connaissance de proches concernés, le couple est susceptible de réaliser une démarche de don. Le fait d'être sensible à cette détressse est mobilisateur. Si l'on n'est pas informé, on peut ignorer la réalité de ces faits, et c'est là que l'information va jouer son rôle. Grâce à l'info, on peut assez raisonnablement s'attendre à un effet de mobilisation car la notion de solidarité peut jouer et aboutir à une démarche de don. Le but de cette campagne est d'amorcer cette information et de faire en sorte que les hommes et femmes mis en éveil sur ce genre de situation puissent appréhender les démarches à faire. Et si leurs motivations sont solides, aller jusqu'à la réalisation du don.
Une nouvelle campagne nationale aura lieu en fin d'année. En parallèle, les relais d'informations régionaux sont multipliés pour développer le maillage du territoire et ainsi rendre l'information et les démarches accessibles. Afin de pouvoir accéder facilement à la possibilité du don, qu'il soit réalisable non loin de son domicile et que ça ne génère aucune contrainte pour le donneur potentiel.
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