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De jolis bébés, bienvenu dans notre famille!!!!

Loin des débats, la PMA se déploie

Publié le 17 Août 2015 par BioTexCom

http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Actualite/Sante/n/Contenus/Articles/2015/08/12/Loin-des-debats-la-PMA-se-deploie-2429493

Objet de vifs débats sociétaux depuis deux ans, l’aide médicale à la procréation participe à la naissance de 3 % des enfants en France. Une procédure complexe, de plus en plus sollicitée.

Il est 10 h 35 ce jeudi, le Dr Brun assiste, depuis la lunette de son microscope, au miracle de la vie. Depuis le premier « bébé-éprouvette », en 1982, les techniques d'assistance médicale à la procréation (AMP, ou PMA), sont entrées dans les mœurs.

Parfois réduite à une série d'écharpements politiques sur l'opportunité de l'ouvrir aux couples de femmes, la PMA reste avant tout, pour 3 % des parents, une prouesse médicale et humaine. Loin des débats, dans le laboratoire du Pôle Vinci à Tours, la magie opère quotidiennement.

" 15 % des couples sont ou seront infertiles "

Ce matin-là, les futurs parents ne sont pas loin, deux trentenaires pétris d'angoisse. Le taux moyen d'accouchement après une Fiv (fécondation in vitro) est à peine supérieur à 20 %, « sur quatre tentatives - après quoi l'acte n'est plus remboursé - le taux global oscille entre 50 et 60 % », précise, encourageante, Claudine Vasseur, endocrinologue spécialiste de la reproduction au Pôle Vinci. « Pour tous les couples, c'est une épreuve », ajoute-t-elle. Nonobstant, ils sont de plus en plus nombreux à y avoir recours.

L'infertilité en hausse

« 15 % des couples sont ou seront infertiles, et c'est en hausse », rapporte Claudine Vasseur. Aux pathologies s'ajoutent un âge de plus en plus tardif pour le premier enfant et une modification du mode de vie. « On a tendance à vouloir ignorer que les chances de concevoir baissent chez les femmes à partir de 26 ans, plus encore après 35 ans, ainsi que chez les hommes après 45 ans », rappelle l'endocrinologue.

La consommation de tabac, d'alcool, de nourriture industrielle, les pesticides et même le manque d'activité physique« abîment » les cellules, pointe de son côté le médecin biologiste Jean-Sébastien Brun. « Ensemble, on fait le tour de tous ces facteurs lorsque l'on prépare une tentative, pour que la cellule que l'on prélève soit de la meilleure qualité possible », ajoute-il.

Car si l'assistance médicale à la procréation est parfois brandie comme un droit d'accès à l'enfant pour tous, la médecine ne peut pas tout. « Il y a une réalité physiologique qu'on ne peut pas nier », rappelle le Dr Brun. Même si la science progresse — la dernière " révolution " en date étant la vitrification, ou congélation ultrarapide, d'embryon — et que les taux de grossesses augmentent, la zone d'impuissance scientifique reste vaste. « On reste dans une logique de vivant… », assène le biologiste, sibyllin.

Une épreuve à traverser

Comme ce jeudi : « Aucun spermatozoïde dans ce prélèvement. » Avant de lâcher la sentence, l'assistante de laboratoire est revenue plusieurs fois à son microscope. « Il faut le rappeler », tranche le Dr Brun. Espérer un nouveau recueil, plus fructueux. Dans l'urgence. Quelques dizaines de minutes plus tôt, sa compagne était en salle d'opération pour une ponction folliculaire ; l'aspirant père est « un peu inquiet ». Tous tendent vers cet instant où le spermatozoïde sera injecté dans l'ovocyte, à l'aide de deux micropipettes, selon la méthode Isci (*).

« Dès la première consultation, les couples en prennent plein la figure, remarque Claudine Vasseur. Pendant une heure trente, on met tout sur la table. » Elle, comme Jean-Sébastien Brun, et tous les médecins spécialistes de la reproduction, ont en tête des ménages qui n'ont pas survécu à ces mois, jusqu'à deux ans, « d'épreuves ». « Certains renoncent d'emblée » après la première consultation.

Beaucoup se font accompagner le long de ce cheminement médical « physiquement, psychologiquement et socialement difficile » par un psychologue, un sophrologue… « C'est un travail d'équipe pour lequel le seul but, c'est d'arriver à nos fins », tentent de résumer les deux praticiens. Neuf mois après ce matin-là.

(*) 36,3 % des enfants nés par PMA sont issus d'une Fiv ICSI (par injection intracytoplasmique).

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